Queen of Reversals


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Queen of Reversals est le genre de drama que l’on commence en se disant « moui… » et que l’on termine en se disant « waouuu ». Mais comment passe-t-on de l’un à l’autre ? Et surtout comment une série à première vue sans grande prétention est-elle devenue le hit surprise de l’hiver 2010-2011 ? Retour sur un succès inattendu.

Inutile de vous préciser que j’ai commencé à regarder ce drama presque exclusivement en raison de la présence au casting de Park Shi Hoo, acteur que j’avais tout simplement adoré dans son drama précédent « Prosecutor Princess », en raison de son charme et de son bagout, tout simplement inimitable. Quelle ne fut pas ma surprise de le découvrir « seulement » second lead de QOR, qui n’apparaît qu’au 3e épisode qui plus est ! Crime de lèse-majesté s’il en est !

Mais la seconde raison pour laquelle je me suis intéressée à cette série est la présence de Kim Nam Joo dans le rôle de l’héroine, la caractérielle et insupportable Whang Tae Hee. Il faut savoir que QOR est la suite d’un drama culte de l’année 2009 : Queen of Housewives, qui mettait en scène une femme au foyer dont le mari avait une aventure extra-conjugale avec l’une de ses collègues. Ce dernier ne m’avait pas marqué plus que cela, mais la divine présence de PSH faisait que je ne pouvais manquer de zieuter ladite suite.

Des débuts classiques

Les deux premiers épisodes passent à la vitesse de la lumière, reconnaissons-le. Notre héroine, est une femme de pouvoir, crainte et respectée (mais surtout crainte) en raison de son caractère tout bonnement insupportable et dictatorial envers son équipe. Chef de l’équipe marketing de Queen’s, une très grande marque de cosmétique, elle passe son temps à terrifier ses subordonnés mais connait son boulot sur le bout des doigts. Jusqu’au jour où un nouvel employé intègre son équipe, Bong Jun Soo, incarné par non moins que Jung Joon Ho, acteur très célèbre en Corée, notamment pour ses films et certains dramas dont IRIS.

 Whang Tae Hee la Terrible a le coup de foudre pour sa nouvelle recrue qu’elle va poursuivre de ses assiduités jusqu’à ce que celle-ci flanche et finisse par l’épouser… Plus pour son statut social et son argent que pour elle-même tant son caractère est imbuvable. Mais ce mariage rapide (tout cela se déroule dans le premier épisode) va faire chuter Whang Tae Hee de son piédestal. En effet, sa supérieure et soit-disant amie, Han Song Yi ne supporte pas que sa subalterne si douée, en qui elle voyait son successeur éventuel, choisisse le bonheur et qu’elle ait surtout trouvé un homme à épouser. Elle va donc la rétrograder au rang de simple employée et ironie du sort mettre à son poste Baek Yeo Jin, sa pire ennemie et surtout l’ancienne fiancée de Bong Jun Su, qui n’a qu’une idée en tête : le récupérer. Qui va tellement la maltraiter que notre fière Whang Tae Hee va bien vite démissionner.

 Mais un déroulement qui l’est beaucoup moins

 Mais qui y a-t-il de si passionnant dans tout ça me direz-vous ? Et Park Shi Hoo ? Il est figurant ? Que neni ! Rassurez-vous.

 Whang Tae Hee, après 5 ans de mariage et une petite fille, a abandonné de sa superbe pour devenir femme au foyer, dépendante de son époux. Enfin ça c’est vite dit car ce n’est bien évidemment pas lui qui porte la culotte dans le couple. Et non, notre héroine a toujours son caractère épouvantable et passe son temps à frapper son homme quand il ne fait pas ce qu’elle veut ou rentre trop tard le soir. Et je ne parle pas de ses désillusions sur la vie de couple et l’incapacité de son mari à avoir obtenu une promotion en 5 ans.

On se retrouve face à une femme au gros potentiel, qui a été forcée d’abandonner ses rêves pour devenir femme au foyer, rôle qui ne lui convient absolument pas. Vivant aux crochets d’un incapable et mou du genou. En gros le spectateur se demande ce qui a bien pu se passer dans le destin de cette femme, ce qu’elle a pu faire de travers pour en être réduite à jouer les représentantes de produits de beauté façon « Réunion Tuperware », alors qu’elle avait une carrière toute tracée qui l’attendait. La raison est simple et est expliquée bien plus tard dans la série : elle a rencontré la mauvaise personne au mauvais moment et son amour fou pour Bong Jun Su l’aura conduite à sa perte. Surtout sachant que lui ne l’a jamais réellement aimée et continue de voir son ex tous les jours au bureau, voir certains soirs…

 Mais d’où va venir l’électrochoc ? Et bien de Park Shi Hoo justement (comment ça vous vous pensiez que je l’avais oublié ?) son personnage Go Yong Shik est le fils du PDG de la société qui possède Queens Cosmetics. Il s’agit d’un fils illégitime, élevé en grande partie aux USA, que son père tient particulièrement à rapatrier en Corée et surtout dans sa société, afin de lui donner un poste de dirigeant, au même titre que ses autres fils. Il le colle donc au poste de manager des Ressources Humaines, afin de faire le ménage chez Queens en virant tous les incapables et employés inutiles. Sauf que le beau Go Yong Shik n’en a rien à faire de vivre en Corée, encore moins de travailler dans la société de Papa. Lui tout ce qu’il veut c’est rentrer aux USA retrouver sa petite vie tranquille. C’est donc un nouveau boss totalement irresponsable, flambeur et dragueur qui entre chez Queens, bien décidé à virer tout les inutiles manu militari afin de rentrer chez lui.

 Évidemment, les premiers à être sur la liste sont les anciens membres de l’équipe de Hwang Tae Hee et surtout son cher mari. Qui se retrouve vite au chômage s’étant attiré la ire de GYS…Rien de tel pour que WTH ne reprenne son cheval de bataille. Son idiot de mari viré, il faut bien que quelqu’un nourrisse la petite famille. Or les Queen’s Cosmetics organisent justement un concours dont le gagnant se verra embauché en tant qu’ employé à l’essai durant 3 mois, avec un poste ferme à la clé. Rien de tel pour qu’elle ne se lance dans l’aventure, sous un pseudonyme afin de ne pas être reconnue de Baek Yeo Jin et surtout de Han Song Yi.

 Elle va gagner ledit concours et suite à diverses circonstances se retrouve directement sous les ordres de GYS, avec certains de ses anciens subordonnés, depuis devenus ses fidèles alliés dans sa course à l’emploi et à la réussite. Et c’est à partir de ce moment là que la série devient réellement intéressante et captivante. Du jour où WTH retourne chez Queens, son mari voit ses petites machinations dévoilées et surtout WTH découvre sa relation avec Baek Yeo Jin, chose qu’elle ignorait jusqu’à présent. Déjà fortement ébranlée par ce qu’elle considère comme une trahison, elle ne va pas lui pardonner sa seconde incartade, (pas que la première le soit plus mais bon passons…) et demander le divorce dans la minute qui suit. Déçue, bafouée, trahie, Whang Tae Hee se sent minable et nous le sommes avec elle. Elle réalise enfin que son mari adoré ne l’a pas autant aimé qu’elle, et surtout qu’il en a aimé une autre tout ce temps et qu’il ne l’a épousée que par dépit. Au début car on se rend compte par la suite qu’il a fini par vraiment l’aimer.

 Et là un événement incroyable pour un drama coréen va se passer. Car QOR était à la base prévu en 20 épisodes, avec pour pitch une héroine découvrant les difficultés de la vie conjugale après quelques années et le charme de se faire draguer par un homme plus jeune. Mais tout en étant censée retourner dans le giron de son mari à la fin de la série. Mais les producteurs, fort de l’intérêt porté au personnage de GYS et surtout au charisme incroyable de son interprête Park Shi Hoo, ont décidé d’étendre la série non pas de 5 mais de 11 épisodes. Rien que ça. Ils nous ont ainsi offert un retournement incroyable et quasi impossible habituellement dans un tel drama, en faisant du second lead le premier lead et surtout l’intérêt romantique principal de WTH. Car notre bogoss a une sorte d’intérêt pour WTH dès leur première rencontre. Elle est la seule femme (et la seule personne tout court) à remettre en cause son autorité de fils de, à lui dire ses 4 vérités quand il le mérite et surtout à ne pas tenir compte de ses avis de petit garçon gâté.

 Elle va réussir à maîtriser l’aspect « chien fou » de GYS et à le gérer en lui apprenant que la vie ce n’est pas ce qu’il croit et surtout pas ce qu’il espère. Elle arrive à lui faire comprendre, à sa façon brute de décoffrage, qu’il sera bien plus heureux en se réalisant dans sa vie professionnelle et en ayant un but. Mais GYS met du temps à comprendre tout cela et au début tout ce qu’il voit c’est qu’il tombé raide dingue amoureux d’une femme mariée, mère d’un enfant qui plus est. Donc son divorce change la donne, car ce qui était inconcevable devient possible. Même si les conventions voient mal un homme dans la fleur de l’âge, riche à millions et bien de sa personne s’amouracher d’une femme plus âgée. Mais GYS possède l’insouciance et surtout le je-m’en-foutisme qui font tout son charme et qui lui permettent de dire « au diable les convenances, j’aime cette femme et je ferai tout pour l’avoir »

 A partir de l’épisode 10 nous allons donc avoir droit à tout un panel de jeu de la séduction de notre second rôle devenu acteur principal. PSH va pouvoir jouer de ses charmes, de son jeu tout en finesse et de son bagout incroyable. Et même si au début WTH ne veut rien voir ou comprendre, elle va vite finir par succomber au charme redoutable de GYS… Et ce pour notre plus grand plaisir. Le drama prend alors un tournant différent, un virage à 180°. La seconde partie de la série va nous montrer les luttes intestines internes à l’entreprise, avec les machinations de HSY, qui veut absolument évincer GYS de la tête de l’entreprise afin de prendre sa place, poste qu’elle considère lui revenir de droit en raison de ses années passées chez Queen’s Cosmetics.

 Un second drama dans le drama, telle est la grande réussite et la véritable surprise de QOR. La « malédiction du second lead » comme j’aime à l’appeler est ici conjurée, puisque ce dernier finit avec l’héroïne, contrairement au premier lead dont l’incompétence et la fénéantise sont au final démontrées.

 QOR fut mon coup de cœur de l’hiver dernier. Un drama commencé de manière ultra-conventionnelle, qui se transforme en série originale comme on en voit peu sur les petits écrans coréens. Il confirme également la présence à l’écran de Park Shi Hoo, son magnétisme incroyable et ses qualités d’acteur. Nul doute qu’il n’est qu’à l’aube de sa carrière et qu’il va faire partie de ceux qui vont briller dans les années à venir. Ce que démontre son drama suivant QOR, Princess’ Man, qui vient de le voir récompenser d’un awards d’honneur aux KBS Drama Awards 2011.

 Kim Nam Joo qui interprète Wang Tae Hee n’est pas en reste. Elle donne beaucoup de profondeur et d’émotion à son personnage de femme froide et carriériste qui veut protéger sa famille envers et contre tout avant de réaliser que ce qu’elle a fait de sa vie n’est pas ce qu’elle désirait. Le scénario aborde de façon très subtile la relation amoureuse entre une femme d’âge mure et un homme nettement plus jeune, héroine finissant par succomber au charme du jeunot, une fois celui-ci ayant pris un peu de plomb dans l’aile et dans la tête (bon, soyons honnête, qui refuserait de succomber à PSH ??? Certainement pas moi…ce serait même plutôt le contraire…*_*)

 QOR est un drama réaliste, drôle et émouvant, qui vous fera vivre et frémir au rythme des mésaventures de WTH, femme de caractère bafouée qui prend une très belle vengeance sur la vie et redevient celle qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être…